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Appel à contribution no 2

Figures et figurations contemporaines de la violence

Le deuxième numéro de la revue Ubuntou propose comme objet d’étude : la violence. Volontairement ouvert, l’intitulé du dossier invite à une réflexion soucieuse de dépasser les évidences convenues et les limites conceptuelles auxquelles la routine théorique aurait confiné la violence.

La violence est dans l’air du temps. Chez soi, chez l’autre, dans le monde, la violence est partout disséminée. Au-delà de son expression individuelle dans la société, celle-ci est entrée dans la dynamique revendicative de plusieurs individus ou groupes sociaux. On parle plus que jamais de violence syndicale, violence urbaine, violence morale/psychologique, terrorisme et contre-terrorisme, cyber-violence, violence académique, violence biologique, violence symbolique, violence littéraire, violence des extrêmes, etc. Parcourir dorénavant un journal sans trouver une référence implicite ou explicite à ce phénomène relève désormais de la gageure. La violence s’écrit des fois au singulier, des fois au pluriel ; elle se situe très souvent à l’intersection des légitimités distinctes, voire contradictoires ; elle est tantôt diffuse et latente, tantôt patente et excessive ; elle s’inscrit dans les processus, aussi bien naturels, (inter)personnels, institutionnels que socio-politiques. La réalité de la violence est massive et plus que jamais omniprésente.

En réalité, la violence est une tendance de fond des sociétés humaines reposant constamment la question de leur équilibre. La grande diversité et l’irréductibilité des fins recherchées par les hommes font en effet, du recours à la violence, une possibilité constante.  On peut même avancer que les sociétés où « règne la paix » sont en réalité des espaces violentogènes en sursis.

À y regarder de près, la violence n’a eu de cesse de se transformer au point d’engendrer des problématiques toujours nouvelles et singulières. Avant tout questionnement sur le fond, il n’est peut-être pas inopportun de revenir sur le concept même de violence. Que signifie-t-il exactement ? La violence est-elle une valeur, une attitude, modèle d’action, un principe épistémologique ? Autrement dit, de quoi la violence est-elle le nom ?

Au-delà de cette nécessaire analyse du « mot » dans la nature de sa relation à la « chose » qu’elle dit, il est également question d’analyser très concrètement les figures, figurations et mutations contemporaines de la violence ainsi que les suggestions (morales, politiques, juridiques, etc.) qu’elle formule.

Singulièrement, la violence n’apparait presque jamais dans un vide social. Elle s’inscrit constamment dans des espaces relationnels en constante évolution, où différents acteurs – individuels, collectifs, institutionnels, organisationnels, groupes d’intérêts, etc.- cherchent à créer des rapports de force et à exploiter les faiblesses de leurs adversaires ou concurrents. Fort de ce constat, il devient loisible de s’interroger sur les stratégies et légitimités à partir desquelles ces acteurs construisent une identité d’action violente. Par ailleurs, nonobstant l’a priori négatif dont souffre le concept de violence, peut-on lui reconnaître une quelconque fécondité du point de vue des dynamiques sociétales ? Peut-on parler d’une prétention légitime à la violence ? Si oui, sous quelles conditions ?

On relèvera enfin que le concept de violence est très variable. Il est en effet tributaire des contextes analytiques et disciplinaires dans lesquels il est analysé. De ce fait, il apparaît également nécessaire d’interroger le sens et la signification que revêt la violence dans différents domaines (philosophie, anthropologie, sociologie, droit, politique, éducation, économie, communication, biologie et religion)? Change-t-il de sens selon qu’on l’envisage au plan des institutions, ou au plan individuel ? Et si effectivement le concept de violence varie sur l’échelle des significations, les différences obtenues sont-elles d’essence ou d’accident ?

C’est à ces quelques questions (non exhaustives) que ce numéro tentera de répondre en puisant dans différentes sources/registres disciplinaires. En dépit de la diversité (souhaitée) de styles et d’approches, les articles soumis à la rédaction, doivent autant que possible inciter le lecteur/la lectrice à revisiter avec un intérêt renouvelé la problématique de la violence. Chaque contribution doit apporter des éléments de réponse à l’une ou l’autre des interrogations dont nous venons de baliser (non de manière exhaustive ou restrictive) l’étendue, et ouvrir une série de pistes de réflexion pour les futurs travaux et enquêtes.

  • Date limite de soumission des contributions : 02 août 2013.
  • Date de parution (numérique): 04 novembre 2013.

NB :

  • Toutes les contributions doivent strictement respecter les conditions générales et les normes de présentations de la revue.
  • Il est conseillé d’envoyer préalablement une proposition de sujet, auprès du comité de rédaction.
  • Les contributions doivent être envoyées uniquement par courrier électronique à : revueubuntou@gmail.com